Kinshasa — Le gouvernement de la République démocratique du Congo rejette les nominations effectuées par l’AFC/M23 à la tête de plusieurs établissements d’enseignement supérieur dans les villes de Goma et Bukavu, actuellement sous contrôle du mouvement rebelle.
Selon les informations rapportées par Radio Okapi le 10 août 2026, le mouvement aurait procédé à la désignation de responsables dans plusieurs institutions universitaires, une démarche que les autorités congolaises considèrent comme dépourvue de base légale.
Kinshasa conteste la légalité des nominations
Pour les autorités congolaises, les nominations opérées par l’AFC/M23 ne peuvent produire d’effets juridiques, les établissements concernés relevant de l’organisation administrative et académique de la République.
Cette position intervient alors que le mouvement rebelle poursuit la mise en place de structures administratives dans les territoires qu’il contrôle dans l’Est de la RDC.
Le gouvernement entend ainsi réaffirmer son autorité sur le secteur de l’enseignement supérieur, considéré comme un domaine relevant exclusivement des institutions étatiques légalement établies.
Dix établissements concernés
Les nominations concernent dix établissements d’enseignement supérieur situés à Goma et Bukavu, selon les informations disponibles.
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le système éducatif dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Depuis plusieurs mois, le mouvement cherche à mettre en place ses propres mécanismes de gestion administrative, notamment dans le secteur de l’éducation.
En juillet dernier, Radio Okapi rapportait déjà que l’AFC/M23 avait annoncé de nouvelles règles concernant la gestion administrative et financière des établissements scolaires dans certaines zones du Sud-Lubero.
Une nouvelle bataille autour de l’administration des territoires contrôlés
Au-delà de la question universitaire, ces nominations illustrent la confrontation entre deux logiques d’autorité dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
D’un côté, le gouvernement central continue de considérer les institutions installées par le mouvement comme illégales. De l’autre, l’AFC/M23 cherche progressivement à structurer une administration dans les zones placées sous son contrôle.
L’éducation et l’enseignement supérieur deviennent ainsi des secteurs importants dans cette bataille institutionnelle, avec des conséquences potentielles pour les étudiants, les enseignants et le fonctionnement des établissements concernés.
Quelle conséquence pour les étudiants ?
La situation pourrait soulever des interrogations sur la continuité administrative et académique des établissements concernés, notamment concernant la reconnaissance des décisions prises par les responsables désignés par l’AFC/M23.
Pour les étudiants et les membres du personnel académique, l’enjeu est de savoir dans quelle mesure ces institutions pourront continuer à fonctionner normalement dans un environnement marqué par le conflit et la contestation de l’autorité administrative.
À ce stade, Kinshasa maintient donc sa position : les nominations opérées par l’AFC/M23 ne sont pas reconnues par le gouvernement congolais.
Cette nouvelle controverse intervient alors que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC continue de se traduire par une profonde perturbation des structures administratives et sociales dans les zones sous contrôle du mouvement.
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