Alors que le Sénat examine les accords de coopération stratégique entre Kinshasa et Washington, les voix d’experts s’élèvent pour définir les conditions de réussite de ce rapprochement. Pour l’analyste et acteur politique Ejiba Yamapia, si ces accords représentent une opportunité historique, leur mise en œuvre efficace posera un défi majeur à l’administration congolaise : celui de la solidité de ses institutions.
Une opportunité stratégique sans précédent
L’accord de partenariat stratégique, défendu vendredi dernier par la Ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, couvre des secteurs névralgiques tels que les minéraux critiques, l’énergie et la sécurité. Pour Ejiba Yamapia, ce cadre structuré témoigne d’un retour en force de l’influence américaine en Afrique centrale, face à la concurrence des autres puissances mondiales.
Cependant, l’expert souligne que la signature d’un traité, aussi prestigieux soit-il, n’est que la première étape d’un long processus.
Le défi de l’asymétrie et de la souveraineté
L’un des points clés soulevés par Ejiba Yamapia concerne la capacité de la RDC à traiter d’égal à égal avec la première puissance mondiale. Pour que ce partenariat ne soit pas à sens unique, il estime que la RDC doit impérativement renforcer ses mécanismes internes :
- Sécurité juridique : Assurer un climat des affaires stable pour attirer et maintenir les investissements américains promis dans l’énergie et les infrastructures.
- Transparence minière : Garantir que l’exploitation des minéraux critiques (cobalt, lithium, coltan) profite réellement au Trésor public et aux populations locales, grâce à une gouvernance stricte.
« Le développement attendu posera des défis institutionnels »
Selon l’analyse relayée par les observateurs, le développement attendu de ces accords mettra à l’épreuve l’appareil étatique congolais. Ejiba Yamapia insiste sur le fait que la RDC doit se doter d’une administration performante et de négociateurs aguerris pour assurer le suivi des mécanismes conjoints prévus dans l’accord.
« Le véritable test de ces accords sera notre capacité à transformer ces engagements diplomatiques en projets concrets sur le terrain, tout en préservant jalousement notre souveraineté nationale », peut-on déduire de sa réflexion.
Un levier pour la sécurité dans l’Est
Enfin, l’aspect sécuritaire de l’accord RDC-USA est vu comme un complément indispensable à l’accord de paix avec le Rwanda. Pour Yamapia, l’appui technique et stratégique des États-Unis pourrait être le levier nécessaire pour stabiliser durablement l’Est du pays, à condition que cette coopération s’inscrive dans une réforme profonde du secteur de la sécurité (RSS).
Par la Rédaction | hekimanews.com

