Kinshasa — Le procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo continue de susciter l’attention, alors que ses avocats contestent la qualification juridique retenue par le ministère public. La défense estime que l’infraction d’incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaire ne peut être légalement retenue contre l’artiste.
Au cours des plaidoiries devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, Me Jean-Marie Kabengela, avocat de Rebo Tchulo, a notamment fondé sa stratégie sur les dispositions du Code pénal militaire et du Code pénal ordinaire.
La défense remet en cause les éléments de l’infraction
Pour les avocats de la chanteuse, les éléments nécessaires à la constitution de l’infraction reprochée ne seraient pas réunis.
La défense s’appuie notamment sur l’article 40 du Code pénal militaire et l’article 145 du Code pénal ordinaire pour soutenir que les dispositions invoquées par l’accusation ne peuvent être appliquées de la manière retenue dans cette affaire.
L’un des principaux arguments avancés concerne également le statut civil de Rebo Tchulo. Selon ses avocats, les circonstances prévues par les textes pour caractériser l’infraction ne correspondraient pas à la situation de leur cliente.
Une « infraction impossible » selon les avocats
La défense ne s’est pas limitée à contester la compétence de la juridiction militaire. Elle a plutôt choisi de remettre en question l’existence même de l’infraction dans les circonstances de cette affaire.
Me Jean-Marie Kabengela a ainsi évoqué devant le tribunal la notion juridique d’« infraction impossible », estimant que les faits reprochés à sa cliente ne pourraient pas matériellement et légalement aboutir à l’infraction telle qu’elle est poursuivie.
Cette approche constitue l’un des axes majeurs de la défense, qui demande en conséquence l’acquittement de l’artiste.
Le ministère public avait requis 14 mois de prison
Lors d’une précédente audience consacrée aux réquisitions et aux plaidoiries, le parquet militaire avait requis 14 mois de servitude pénale principale contre Rebo Tchulo. La partie civile avait, de son côté, sollicité 250 000 dollars américains de dommages et intérêts.
L’affaire concerne également plusieurs militaires poursuivis pour différents faits présumés liés aux événements survenus dans la nuit du 17 au 18 avril 2026 au domicile de l’artiste.
Selon les éléments présentés au cours de la procédure, Rebo Tchulo est accusée d’avoir incité des militaires à commettre des actes contraires à leurs devoirs. La chanteuse rejette ces accusations.
Le tribunal appelé à trancher
Après plusieurs audiences consacrées à l’examen des éléments du dossier, notamment des données communiquées par des opérateurs de télécommunications, le tribunal avait clôturé les débats le 30 juillet avant l’ouverture des plaidoiries.
La question soulevée par la défense sur la qualification juridique des faits constitue désormais un enjeu important dans cette procédure très suivie.
Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema devra donc apprécier les arguments des différentes parties avant de se prononcer sur la responsabilité éventuelle de Rebo Tchulo et des autres personnes poursuivies.
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