Kinshasa — Le Gouvernement de la République démocratique du Congo accueille favorablement le vote du Sénat américain en faveur de la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un dispositif commercial qui offre aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain.
Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, s’est félicité de cette avancée, considérée comme une opportunité supplémentaire pour les producteurs et exportateurs congolais souhaitant renforcer leur présence sur le marché américain.
Selon les informations communiquées par le ministère, le Sénat américain a approuvé le 8 août 2026 la prolongation de l’AGOA jusqu’en décembre 2028, par 90 voix contre 6. Le texte doit toutefois encore franchir l’étape de la Chambre des représentants avant sa promulgation par le président américain Donald Trump.
Un accès préférentiel au marché américain
Mis en place en 2000, l’AGOA constitue depuis plus de deux décennies un instrument majeur de la politique commerciale américaine envers l’Afrique subsaharienne. Il permet aux pays bénéficiaires d’accéder au marché américain sans droits de douane sur une large gamme de produits éligibles.
Pour la RDC, cette prolongation représente une fenêtre supplémentaire pour développer ses exportations et diversifier ses débouchés internationaux.
Le pays dispose notamment d’un potentiel important dans les secteurs agricoles, agroalimentaires, miniers et industriels. L’enjeu consiste désormais à transformer cet accès préférentiel en véritable croissance des exportations congolaises à destination des États-Unis.
Julien Paluku : « tirer pleinement profit » des opportunités
Le ministre du Commerce extérieur estime que le renouvellement de l’AGOA constitue une bonne nouvelle pour les opérateurs économiques congolais.
Julien Paluku a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des producteurs et des exportateurs afin de leur permettre de répondre aux exigences du marché américain.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie visant à faire de l’AGOA davantage qu’un simple mécanisme d’exonération douanière : l’objectif est de favoriser l’émergence d’une offre congolaise compétitive, conforme aux standards internationaux et capable de s’insérer durablement dans les chaînes de valeur mondiales.
Les normes sanitaires, un enjeu majeur
L’un des principaux défis pour les exportateurs congolais reste le respect des normes applicables aux produits destinés au marché américain.
Le gouvernement prévoit ainsi, avec l’appui de ses partenaires, de renforcer la formation des producteurs et des exportateurs sur les normes sanitaires et phytosanitaires.
Cette démarche est particulièrement importante pour les produits agricoles et agroalimentaires. La conformité aux normes, la traçabilité, la qualité des emballages, la certification et la régularité de l’approvisionnement constituent autant de conditions nécessaires pour accéder durablement aux marchés internationaux.
Pour la RDC, l’objectif est donc de passer d’un potentiel d’exportation important à une capacité réelle de commercialisation à grande échelle.
Un potentiel à mieux exploiter
La RDC possède des ressources et des filières susceptibles de bénéficier d’un meilleur accès au marché américain. L’agriculture, le cacao, le café, les produits agroalimentaires, certains produits forestiers transformés ainsi que des produits issus de chaînes de valeur industrielles peuvent notamment représenter des opportunités.
Le gouvernement avait déjà développé une stratégie nationale autour de l’AGOA, avec l’identification de plusieurs filières agricoles et minières destinées à renforcer les échanges entre la RDC et les États-Unis.
L’enjeu est désormais d’accompagner les entreprises congolaises sur toute la chaîne : production, transformation, certification, conditionnement, logistique, financement et accès aux acheteurs américains.
Une opportunité pour les PME congolaises
La prolongation de l’AGOA pourrait également profiter aux petites et moyennes entreprises congolaises capables de développer des produits à valeur ajoutée.
Pour ces entreprises, l’accès au marché américain représente potentiellement un levier de croissance, mais aussi une incitation à améliorer leurs standards de production et leur compétitivité.
Le défi sera notamment de réduire les obstacles logistiques et financiers qui limitent encore la capacité des entreprises congolaises à exporter régulièrement vers les États-Unis.
La RDC doit maintenant passer à l’action
Au-delà du vote du Sénat américain, la prochaine étape reste l’adoption définitive du texte par la Chambre des représentants puis sa promulgation.
Mais pour la RDC, cette prolongation constitue déjà un signal favorable qui appelle à accélérer la préparation des entreprises.
La priorité sera de renforcer les capacités locales, d’améliorer la qualité des produits, de développer la transformation locale et de connecter davantage les producteurs congolais aux marchés internationaux.
L’AGOA offre ainsi à la RDC une nouvelle fenêtre de tir. Reste désormais à transformer cette préférence commerciale en emplois, investissements, diversification économique et croissance des exportations congolaises.
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