Kinshasa — Face aux magistrats militaires, Rebo Tchulo a une nouvelle fois rejeté les accusations portées contre elle dans l’affaire impliquant son chauffeur, Platini Sadisa. À l’occasion de ses dernières déclarations devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, la chanteuse a affirmé vouloir s’en tenir à la vérité et a demandé à la justice de trancher sur la base des faits.
« Je suis innocente et je continuerai à le dire », a déclaré l’artiste, qui conteste notamment avoir incité des militaires à commettre des actes contraires à leurs devoirs.
Rebo Tchulo nie tout lien avec les militaires
Au cours de son intervention, Rebo Tchulo a catégoriquement affirmé ne pas entretenir de relations avec les militaires concernés par le dossier.
Elle a également déclaré que, durant la nuit du 17 au 18 avril 2026, elle n’était en contact ni avec des membres de l’armée ni avec des responsables gouvernementaux.
Cette déclaration intervient alors que l’accusation lui reproche précisément d’avoir incité des militaires à commettre des actes contraires à leur devoir.
L’artiste estime ainsi que son statut de personnalité publique pourrait contribuer à la focalisation de l’attention judiciaire et médiatique sur sa personne.
Une affaire née autour d’un présumé vol
L’affaire trouve son origine dans la disparition présumée d’un sac appartenant à Rebo Tchulo. Platini Sadisa, présenté comme son chauffeur, affirme avoir été victime de violences de la part de militaires qui auraient cherché à lui faire avouer le vol.
Le dossier implique plusieurs militaires poursuivis pour différents faits présumés, notamment des actes de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires.
La partie civile réclame notamment 250 000 dollars américains de dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge médicale de la victime.
Le parquet a requis 14 mois contre l’artiste
Le procès a franchi une étape importante le 6 août 2026 avec les réquisitions du ministère public.
Le parquet militaire a requis 14 mois de servitude pénale contre Rebo Tchulo, tout en sollicitant des circonstances atténuantes. Selon les éléments rapportés lors du procès, le ministère public a notamment considéré que l’incitation reprochée à l’artiste n’aurait pas été suivie d’effet.
Une peine de 60 mois a par ailleurs été requise contre douze militaires poursuivis dans cette affaire.
La défense conteste la qualification des faits
Les avocats de Rebo Tchulo rejettent les accusations et contestent notamment la qualification juridique retenue contre leur cliente.
La défense soutient que les conditions permettant de caractériser l’infraction d’incitation de militaires ne seraient pas réunies et évoque une « infraction impossible ».
Cette ligne de défense vise à démontrer que les faits reprochés à l’artiste ne permettent pas, selon ses avocats, d’établir sa responsabilité pénale.
Le verdict toujours attendu
À ce stade, Rebo Tchulo reste présumée innocente. Les réquisitions du ministère public ne constituent pas une condamnation et le tribunal doit encore se prononcer après l’examen des arguments des différentes parties.
L’enjeu du procès dépasse désormais la seule personnalité de Rebo Tchulo : il porte également sur la détermination des responsabilités individuelles dans les violences présumées commises contre Platini Sadisa.
Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema devra donc déterminer, au regard des éléments du dossier, si les accusations portées contre la chanteuse sont suffisamment établies ou si les arguments de sa défense doivent conduire à son acquittement.
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