Devenue le symbole d’une métropole asphyxiée par sa propre croissance, Kinshasa est au cœur d’une stratégie de transformation urbaine sans précédent. Lors de sa conférence de presse ce mercredi 06 mai 2026, le Président Félix Tshisekedi a réaffirmé que la mobilité dans la capitale n’était plus seulement un défi logistique, mais une urgence de sécurité nationale et de productivité économique.
Le constat d’une ville saturée
Avec une population estimée à plus de 17 millions d’habitants, Kinshasa souffre d’un réseau routier conçu initialement pour une fraction de sa taille actuelle. Résultat : des « parkings à ciel ouvert » sur le Boulevard du 30 Juin, l’avenue Libération (ex-24 Novembre) ou encore la Route de Matadi. Ces embouteillages chroniques coûtent à la ville des millions d’heures de travail perdues chaque année.
L’annonce phare : Le Viaduc de la Baie de Ngaliema
L’une des solutions les plus ambitieuses évoquées ces dernières semaines et confirmée par le gouvernement est la construction d’un viaduc de 3,5 km traversant la baie de Ngaliema.
- L’objectif : Désengorger totalement l’axe Kintambo-Magasin et le Boulevard Mondjiba, véritables goulots d’étranglement pour ceux qui rejoignent la Gombe depuis l’ouest.
- Le tracé : Partant de l’avenue du Tourisme (Hôpital de la Rive), cet ouvrage en 2×2 voies débouchera près du Boulevard Tshiatshi, offrant un contournement rapide du centre-ville.
La rocade de Kinshasa : Ceinture de fer contre le chaos
Le Chef de l’État a également insisté sur l’accélération des travaux de la Rocade Sud-Ouest et Sud-Est. Ce projet de ceinture périphérique vise à détourner les camions de marchandises et le trafic de transit vers les zones périphériques, évitant ainsi que les poids lourds ne traversent les communes résidentielles déjà saturées.
Au-delà du bitume : Le Plan Directeur des Transports (PDTK)
Pour Félix Tshisekedi, la solution ne peut être uniquement routière. S’appuyant sur le Plan Directeur des Transports Urbains (PDTK) développé avec la coopération japonaise (JICA), le Président a évoqué plusieurs leviers :
- Transport Ferroviaire : La réhabilitation du train urbain reste une priorité pour transporter massivement les Kinois des banlieues vers le centre.
- Civisme routier : Le Président a fustigé le comportement des conducteurs et l’inefficacité de certains agents de la circulation, appelant à une « tolérance zéro » contre le non-respect du code de la route.
- Modernisation de la voirie secondaire : Grâce aux fonds levés via l’Eurobond d’avril 2026, une enveloppe sera allouée à la réhabilitation des avenues transversales pour offrir des alternatives aux artères principales.
Sortir de la « logique de réparation permanente »
Reprenant les conclusions de la première Conférence nationale sur les infrastructures tenue en avril dernier, le Président a martelé un message fort : la RDC doit construire pour durer.
« Nous devons sortir d’une logique de réparation permanente pour entrer dans celle de la construction durable et innovante », a-t-il déclaré devant la presse.
Les défis de 2026-2027 pour la ville de Kinshasa
Si les annonces sont prometteuses, le défi reste celui de l’exécution. Les Kinois, fatigués par les chantiers interminables et les « sauts-de-mouton » dont l’efficacité a été mitigée, attendent désormais des résultats concrets. Le Chef de l’État a promis un suivi rigoureux des chantiers, liant même l’efficacité de son futur gouvernement à sa capacité à transformer le visage de Kinshasa.
Par la Rédaction | hekimanews.com

