Interrogé sur la délicate question de la révision de la constitution, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a tenu à clarifier sa position lors de sa dernière sortie médiatique. Entre respect des textes et écoute de la volonté populaire, le Chef de l’État a tracé une ligne de crête qui ne manquera pas d’alimenter les débats politiques.
Révision de la constitution n’est pas synonyme de prolongation
Face aux spéculations grandissantes, le Chef de l’État a d’abord tenu à dissocier deux concepts souvent confondus dans l’opinion publique : la réforme institutionnelle et l’ambition personnelle. Selon lui, engager une réflexion sur une éventuelle révision ou modification de la Loi fondamentale (la constitution) est une démarche qui répond à des besoins de gouvernance et ne doit pas être interprétée « automatiquement » comme une manœuvre pour briguer un troisième mandat.
Pour le Président, la Constitution est un outil vivant qui peut nécessiter des ajustements sans que l’objectif final ne soit lié à la conservation du pouvoir au-delà des limites actuelles.
« Je ne suis pas demandeur »
Sur la question précise de sa propre succession en 2028, Félix Tshisekedi a été on ne peut plus clair sur sa posture actuelle : il affirme ne pas être « demandeur » d’un nouveau mandat. Par cette déclaration, il tente de rassurer ceux qui craignent un passage en force constitutionnel initié par le sommet de l’État.
Le peuple souverain comme dernier juge
Toutefois, le Président a introduit une nuance de taille qui laisse la porte ouverte à toutes les éventualités. Fidèle à son principe de proximité avec la base, il a précisé qu’il resterait « disponible » si une demande explicite émanait du « peuple souverain ».
Le Chef de l’État a notamment évoqué la voie du référendum comme le mécanisme ultime de validation d’une telle volonté populaire. En d’autres termes, si la population venait à réclamer massivement son maintien par les urnes, Félix Tshisekedi ne s’opposerait pas à cette sollicitation.
La révision de la constitution, un test pour la démocratie congolaise
Cette clarification intervient dans un climat politique où la société civile et l’opposition scrutent chaque mot du pouvoir concernant le verrouillage des mandats. En plaçant le peuple au centre du jeu via le référendum, le Président Tshisekedi renvoie la responsabilité de l’avenir politique du pays aux citoyens, tout en soulignant qu’aucune décision ne sera prise sans une légitimité populaire incontestable.
Reste à savoir comment la classe politique interprétera cette « disponibilité » conditionnée, à l’heure où les grands chantiers de la République exigent une stabilité institutionnelle durable.
Par la Rédaction | hekimanews.com

