jeudi, 7 Mai. 2026

C’est un véritable réquisitoire qu’a dressé le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, ce mardi 05 mai 2026 devant la chambre haute du Parlement. Interpellé sur la gestion du FRIVAO, le garde des Sceaux a révélé des chiffres vertigineux illustrant une fraude massive au détriment des victimes de la guerre de l’Ouganda.

Un fossé financier inexpliqué selon le Ministre Guillaume Ngefa

Le constat est glaçant : sur les 195 millions de dollars américains actuellement disponibles dans les caisses du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), seuls 28 millions auraient réellement été versés aux bénéficiaires.

Où est passé le reste de l’argent ? Pour Guillaume Ngefa, la réponse est claire : le fonds est devenu le siège de « dysfonctionnements systémiques » et de « détournements de fonds publics ». Le ministre a même évoqué la pratique généralisée des « opérations retours » (rétrocommissions), où une partie des indemnités versées aux victimes serait récupérée par des réseaux mafieux.

Le ministre Guillaume Ngefa devant le SENAT

L’explosion suspecte du nombre de victimes

Autre point de discorde majeur : la base de données des sinistrés. Initialement, 3 000 victimes avaient été certifiées et identifiées. Aujourd’hui, ce chiffre a bondi à plus de 16 000 personnes pour la seule ville de Kisangani.

« Ce gonflement délibéré est le fruit de réseaux de fraude et de pressions politiques. C’est un outrage à la mémoire de ceux qui ont réellement souffert », a martelé le Ministre devant des sénateurs stupéfaits.

L’introduction de « fausses victimes » et de « bénéficiaires fictifs » aurait été utilisée comme levier pour siphonner les ressources destinées à la réparation des préjudices subis entre 1998 et 2003.

Une structure paralysée et politisée selon Guillaume Ngefa

Fort de deux missions de terrain effectuées à Kisangani (novembre 2025 et avril 2026), Guillaume Ngefa a listé les obstacles qui bloquent aujourd’hui la mission du FRIVAO :

  • Corruption généralisée et conflits ouverts entre les associations de victimes.
  • Politisation outrancière du processus d’indemnisation.
  • Paralysie administrative totale de l’établissement public.

Des mesures de redressement urgentes

Le Ministre de la Justice a informé le Sénat qu’il a déjà saisi le Conseil des Ministres à trois reprises pour proposer des mesures de redressement rigoureuses. Ce déballage intervient alors que des procédures judiciaires sont déjà en cours, notamment contre l’ancien Coordonnateur ad intérim du fonds.

Pour rappel, le FRIVAO a été créé pour gérer les 325 millions de dollars que l’Ouganda doit verser à la RDC (par tranches annuelles de 65 millions) suite à l’arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ). À ce jour, le « sanctuaire de la réparation » semble s’être transformé, selon les mots du ministre, en un gouffre financier qu’il est urgent de curer.

Par la Rédaction | hekimanews.com

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C’est un chiffre qui donne le tournis et qui illustre l’explosion du fait religieux dans la capitale congolaise. Lors de son récent passage devant les élus, le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a dressé un état des lieux sans concession sur la prolifération des associations sans but lucratif (ASBL) à caractère confessionnel. Le constat est sans appel : Kinshasa est au bord de la saturation.

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