mercredi, 4 Fév. 2026

Dans un climat diplomatique de plus en plus délicat, le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a réuni en urgence les chefs de missions diplomatiques et les représentants d’organisations internationales présents à Bujumbura. L’objectif : exposer officiellement la position du gouvernement burundais à la suite d’un bombardement qui aurait touché son territoire, attribué au mouvement rebelle M23/AFC opérant depuis la République démocratique du Congo et que Bujumbura accuse d’être soutenu par le Rwanda.

Une position ferme et assumée

Lors de cette rencontre, Edouard Bizimana a dénoncé ce qu’il a décrit comme une « provocation grave » contre la souveraineté du Burundi. Selon les autorités, plusieurs projectiles ont atterri dans la province de Cibitoke le 4 décembre, marquant une escalade sans précédent dans les tensions régionales.

Le ministre a affirmé que le Burundi restait pleinement engagé pour la paix et la sécurité dans la région, mais a clairement indiqué que son pays se réservait le droit de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour défendre sa population et son intégrité territoriale. Il a également souligné que les forces de défense burundaises avaient renforcé leur présence dans la zone affectée.

Un contexte régional sous haute tension

Ce nouvel incident intervient alors que le Burundi soutient militairement la RDC dans son combat contre le M23/AFC. Les relations entre le Burundi et le Rwanda, déjà fragiles, sont encore plus mises à l’épreuve, le gouvernement burundais considérant cet acte comme une atteinte directe à la stabilité régionale.

Pour de nombreux observateurs, cet épisode pourrait représenter un tournant dramatique dans le conflit opposant les forces congolaises au mouvement rebelle. La transgression de la frontière burundaise constitue un signal inquiétant montrant que les violences en RDC débordent désormais vers les pays voisins.

Un message clair à la communauté internationale

En convoquant les diplomates et les organisations internationales, Bujumbura a cherché à mobiliser l’attention mondiale sur la gravité de la situation. Le gouvernement burundais demande une condamnation ferme des violences transfrontalières et appelle les partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour soutenir la stabilité et le dialogue dans la région des Grands Lacs.

Pour le Burundi, l’heure n’est plus aux déclarations symboliques mais à des initiatives concrètes pouvant prévenir une escalade militaire aux conséquences imprévisibles.

Vers une possible reconfiguration des équilibres régionaux ?

Cet incident soulève des préoccupations majeures concernant la paix et la sécurité régionales. Si aucun cadre de désescalade n’est rapidement mis en place, le risque d’un conflit ouvert impliquant plusieurs États devient plus réel que jamais.

Les appels au calme et à la retenue, indispensables, ne suffisent plus : c’est désormais la capacité collective des pays de la région et de la communauté internationale à agir rapidement qui déterminera la suite des événements.

En réaffirmant avec fermeté sa volonté de défendre son territoire, le Burundi envoie un signal fort : il ne tolérera aucune atteinte à sa souveraineté. Le pays se dit prêt à agir, mais privilégie la voie diplomatique tant qu’elle offre une chance de préserver la paix.

Dans une région habituée aux crises, cet épisode rappelle la nécessité d’une vigilance accrue et d’un engagement diplomatique soutenu. La stabilité des Grands Lacs dépend plus que jamais de la capacité des États à éviter l’engrenage de la violence et à répondre collectivement aux menaces transfrontalières.

Rédaction HEKIMA NEWS

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