Une motion de défiance contre le gouverneur Jean Bakomito a été déposée ce mercredi 26 novembre à l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, en dépit de la décision de Kinshasa suspendant ce type d’initiatives dans les provinces.
Accusations portées contre le gouverneur
Selon le document adressé au président de l’Assemblée provinciale, les quatre députés motionnaires décrivent Jean Bakomito comme un dirigeant « clientéliste, verrouillé et déconnecté des attentes de la population ».
Ils lui reprochent notamment :
- un clientélisme assumé,
- un favoritisme au profit d’un cercle d’amis,
- une incompétence dans la gestion de l’action publique,
- un éloignement de la vision de gouvernance et de développement prônée par le président Félix Tshisekedi,
- ainsi qu’une absence prolongée d’Isiro, chef-lieu de la province.
Procédure enclenchée malgré la suspension nationale
Conformément à la loi, le gouverneur doit se présenter devant l’Assemblée provinciale dans les 48 heures suivant le dépôt de la motion.
Les députés affirment que leur démarche « remplit les conditions de recevabilité » prévues par les textes, et ne contrevient donc pas à l’appel national lancé par Kinshasa.
Un climat politique tendu dans les provinces
Le Haut-Uele n’est pas un cas isolé.
Au moins neuf provinces sont actuellement confrontées à des motions de défiance contre des gouverneurs ou des pétitions visant les assemblées provinciales.
Début novembre, Kinshasa avait réuni les présidents des assemblées et les exécutifs provinciaux pour appeler à la stabilité institutionnelle, aboutissant à une suspension des initiatives visant à destituer les autorités provinciales.
